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Les risques psychosociaux (RPS) occupent aujourd’hui une place centrale dans les préoccupations des entreprises, des managers et des professionnels des ressources humaines. Ils recouvrent un ensemble de situations pouvant affecter la santé mentale, émotionnelle et sociale des salariés. Dans un contexte de transformations profondes du monde du travail, digitalisation, intensification des rythmes, exigences de performance accrues, comprendre les risques psychosociaux est devenu un enjeu stratégique autant qu’humain.
Qu’est ce que les risques psychosociaux, quelles sont leurs causes, et leurs impacts ? Quels sont les leviers de prévention à mobiliser pour les organisations ?
Que sont les risques psychosociaux ?
Les risques psychosociaux désignent les situations de travail dans lesquelles les conditions d’emploi, l’organisation du travail ou les relations professionnelles peuvent engendrer un stress chronique, une souffrance psychologique ou des atteintes à la santé mentale des salariés.
Ils se situent à l’interface entre :
- l’individu (ressources personnelles, histoire, capacités d’adaptation);
- le travail (contenu des missions, charge, contraintes);
- et l’environnement professionnel (management, climat social, relations interpersonnelles).
Contrairement aux risques physiques ou chimiques, les risques psychosociaux sont souvent invisibles, progressifs et difficiles à objectiver, ce qui rend leur détection et leur prévention plus complexes.
Les différentes formes de risques psychosociaux
Les RPS englobent plusieurs réalités distinctes, parfois cumulatives.
Le stress professionnel
Le stress au travail apparaît lorsque les exigences professionnelles dépassent les ressources dont dispose le salarié pour y faire face. Il devient problématique lorsqu’il est intense, durable et sans marge de manœuvre.
Un stress chronique peut entraîner :
- troubles du sommeil;
- fatigue persistante;
- anxiété;
- baisse de concentration;
- troubles musculo-squelettiques ou cardiovasculaires.
Le burn-out ou épuisement professionnel
Le burn-out est une conséquence possible du stress chronique. Il se caractérise par trois dimensions principales :
- un épuisement émotionnel et physique;
- une dépersonnalisation ou un détachement vis-à-vis du travail;
- une diminution du sentiment d’accomplissement personnel.
Il ne s’agit pas d’une faiblesse individuelle, mais bien d’un signal fort de dysfonctionnements organisationnels liés aux risques psychosociaux.
Le harcèlement moral et sexuel
Le harcèlement constitue une forme grave de risques psychosociaux. Il peut prendre la forme de comportements répétés ou isolés visant à dégrader les conditions de travail d’une personne :
- humiliations;
- isolement;
- menaces;
- propos déplacés ou à connotation sexuelle.
Les conséquences sur la santé mentale des victimes peuvent être majeures et durables.
Les violences internes et externes

Les risques psychosociaux incluent également les violences :
- internes, entre collègues ou avec la hiérarchie;
- externes, provenant de clients, usagers ou patients.
Ces situations nécessitent des dispositifs de prévention spécifiques.
Les causes des risques psychosociaux au travail
Les risques psychosociaux trouvent rarement leur origine dans un facteur unique. Ils résultent le plus souvent d’une combinaison de causes organisationnelles, relationnelles et individuelles.
Une organisation du travail inadaptée
Parmi les facteurs organisationnels les plus fréquents :
- surcharge ou sous-charge de travail;
- objectifs flous ou irréalistes;
- manque d’autonomie;
- interruptions constantes;
- horaires atypiques ou imprévisibles.
Ces éléments créent un déséquilibre entre les exigences professionnelles et les capacités d’action du salarié.
Un management défaillant
Le style de management joue un rôle dans l’émergence ou la prévention des risques psychosociaux. Un management autoritaire, absent ou incohérent peut générer :
- un sentiment d’injustice;
- une perte de reconnaissance;
- une insécurité psychologique.
À l’inverse, un management bienveillant et structurant constitue un facteur de protection majeur.
Des relations professionnelles dégradées
Les conflits non régulés, le manque de coopération ou l’isolement social sont des situations favorables aux risques psychosociaux. Le climat social influence directement le bien-être au travail et la santé mentale des équipes.
Les conséquences des risques psychosociaux
Les risques psychosociaux ont des impacts à la fois humains, sociaux et économiques.
Conséquences pour les salariés
Sur le plan individuel, les RPS peuvent entraîner :
- troubles anxieux et dépressifs;
- perte de confiance en soi;
- troubles psychosomatiques;
- désengagement professionnel.
La frontière entre vie professionnelle et vie personnelle devient alors de plus en plus fragile.
Conséquences pour l’entreprise
Pour l’organisation, les risques psychosociaux se traduisent par :
- une augmentation de l’absentéisme;
- un turnover élevé;
- une baisse de la productivité;
- une détérioration de l’image employeur;
- des risques juridiques accrus.
Investir dans la prévention des risques psychosociaux n’est donc pas seulement une obligation légale, mais aussi un levier de performance durable.
Le cadre légal des risques psychosociaux
En France, les employeurs ont une obligation de prévention des risques professionnels, incluant les risques psychosociaux. Cette obligation est inscrite dans le Code du travail, notamment à travers :
- l’évaluation des risques;
- la mise à jour du Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels (DUERP);
- la mise en place d’actions de prévention adaptées.
La responsabilité de l’employeur peut être engagée en cas de manquement à cette obligation, même en l’absence de faute intentionnelle.
Prévenir les risques psychosociaux
La prévention des risques psychosociaux repose sur une démarche structurée et collective.

Identifier et évaluer les RPS
La première étape consiste à identifier les facteurs de risques psychosociaux :
- enquêtes internes;
- entretiens;
- indicateurs sociaux (absentéisme, accidents, turn-over);
- observations de terrain.
Cette analyse doit être régulière et participative.
Agir sur l’organisation du travail
Les actions de prévention les plus efficaces sont celles qui agissent à la source :
- répartition équitable de la charge de travail;
- clarification des rôles et des objectifs;
- amélioration des processus;
- développement de l’autonomie.
Former et accompagner les managers
Les managers sont des acteurs clés dans la prévention des risques psychosociaux. Les former à :
- la détection des signaux faibles;
- la communication;
- la gestion des situations sensibles.
Favoriser le dialogue et la reconnaissance
Un climat de confiance, fondé sur l’écoute et la reconnaissance, constitue un puissant facteur de protection contre les risques psychosociaux. Donner du sens au travail et valoriser les contributions individuelles renforce l’engagement et le bien-être.
Conclusion
Les risques psychosociaux traduisent des déséquilibres dans l’organisation du travail et les relations professionnelles. Les ignorer ou les minimiser expose les entreprises à des coûts humains et économiques considérables.
Une politique de prévention des risques psychosociaux, intégrée à la stratégie globale de l’entreprise, contribue à améliorer durablement la qualité de vie au travail, la performance collective et l’attractivité de l’organisation.
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